Découvrir la forêt d’Hoia-Baciu…

Forêt d’Hoia-Baciu

Découvrir la forêt d’Hoia-Baciu…

Parfois, les pluies d’été ont une force libératrice. En pensant rationnellement, une pluie diluvienne pourrait nous torcher le programme. Et on sent le besoin de nous cacher dans notre nid, pour jouir d’un vague sentiment de sécurité.
Pourtant, l’esprit d’aventure sort victorieux, au moins de temps en temps, et on décide : on va à la chasse des mystères et randonées dans la forêt d’Hoia-Baciu, ce petit « Triangle des Bermudes » roumain.
La sortie a été programmée et reprogrammée, mais vendredi, 20 juin, le désir de quelques gens de découvrir cette forêt des alentours de Cluj a ignoré les grandes gouttes de pluie, les tonnerres bruyants, la boue et l’air humide et froid de cet après-midi.
Les uns d’entre nous pensent qu’ils sont courageux, mais le fait que deux connaisseurs de l’endroit guidaient nos pas a enlevé en fait la plupart des soucis. C’est la première sortie de ce genre, organisée pour les habitants, par l’équipe d’Hoia-Baciu Project. Et on sent l’enthousiasme dans l’air, dès premiers pas vers la forêt.
Marius Lazin et Surducan Dan Alexandru, les initiateurs de ce projet balancent entre le scepticisme et la curiosité spontanée qui laisse place aux interprétations sur la réalité immédiate. Membres de l’association à but non lucratif Romania – Your Lifetime Experience, qui depuis deux ans et demi promeut des micro-destinations touristiques roumaines, nos guides ont un but clair : ils souhaitent proposer aux habitants de Cluj, ainsi qu’à ceux qui visitent la ville, un nouveau site touristique et de créer une communauté des gens intéressés à ce côté un peu plus obscur et mystérieux de la nature.
En avançant dans la rue Donath et en laissant la ville derrière, sous les parapluies et les capes germent des questions et des curiosités (nous confirmons : même dans les têtes des plus sceptiques d’entre nous).
Puffins, le chien qui accompagne le groupe, se fait un ami, un chien roux qui nous joint, même s’il garde une certaine distance. Au début du chemin, nous ramassons une péripétie : Puffins trouble un (pseudo ?) garde de vaches, qui déverse verbalement sa colère sur le groupe. Pas de problème, on est courageux aujourd’hui, il n’y a rien qui puisse chasser notre curiosité et notre enthousiasme.

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Sur la route, Marius et Alex nous racontent un peu de l’histoire de l’endroit. Nous apprenons ainsi sur l’origine de la dénomination du Plateau Sift, un souvenir du biologiste Alexandru Sift, qui, pendant les années ’60 faisait les premières remarques sur les phénomènes qui ont lieu dans la forêt d’Hoia-Baciu.
Un combat tacite avec la noue qui se colle à nos chaussures et une courte halte pour nous cacher de la pluie sous les premiers arbres apparus dans notre chemin. Grâce à cette halte on a pu déjà observer quelques formes tordues et étranges des troncs et des branches des arbres.
Nous prenons de nouveau la route. En fin de compte, l’atmosphère sombre et grise est en harmonie avec les légendes qui prennent figure autour de cette forêt si fameuse dans le monde, et surtout dans le cercle des passionnés du paranormal, du mystère et de l’inexplicable.
Sur la route, sur les troncs d’arbres, on peut voir des symboles Wicca. Alex nous raconte une courte histoire liée à ce culte sorcier et on sent comme graduellement la forêt devient Maîtresse.
En arrivant à la lisière de la forêt, on se rend compte du fait que la ville, qu’on voit maintenant en haut, perd toute son influence. Et le sceptique de notre intérieur nous dit amusé qu’on n’a pas besoin de vivre d’expériences paranormales ici, car cette forêt a son charme et son étrangeté, qu’on ne veut pas vraiment dissiper à travers la raison.
En fin de compte, comme le disent les garçons d’Hoia-Baciu Project aussi, la façon dont on choisit de regarder le monde autour de nous et d’interpréter les phénomènes de la réalité nous appartient. On le regarde avec des yeux purement scientifiques, cérébraux, ou on laisse place pour l’inexplicable, on laisse un portillon ouvert vers l’idée que nos sens ne peuvent pas comprendre la réalité objective dans sa totalité.

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Dans la Clairière Circulaire, vraiment circulaire, notre groupe a pris une pause méritée. Ici, réunis en cercle, on commence à mieux connaître ses camarades de route. Maintenant, on peut parler davantage sur la forêt, sur les phénomènes paranormaux enregistrés ici, sur les histoires qui ont éveillé l’intérêt au fil du temps. Les organisateurs et nos guides nous racontent des histoires savoureuses et pleines de mystère qui sont venues à leurs oreilles ou qu’ils ont vécu dans leurs randonnées dans cet endroit.
Peut-être les plus fréquentes anomalies qui apparaissent dans la forêt d’Hoia-Baciu sont les problèmes avec les équipements électroniques (des batteries qui se déchargent bizarrement vite, la nécessité de réinitialiser les portables, des problèmes avec le GPS, des difficultés à configurer les fréquences de son pour les enregistrements audio-vidéo). On ajoute les changements de nature biophysiologique : des sensations de faiblesse, des maux de tête, des frissons, des nausées ou même des expériences plus graves, comme celle de monsieur Cristian Mureşanu, vidéo-journaliste à TVR Cluj et présentateur de l’émission « Ştiinţă şi Cunoaştere » (Science et Connaissance), qui, après des rayonnements plus forts qui ont également détérioré ses instruments et son équipement technique, a subi, pendant un mois, des chutes inexplicables de ses cheveux, qui ultérieurement, ont également blanchi considérablement.
D’autres histoires des gens qui sont entrés dans la mystérieuse forêt s’enfoncent davantage dans la zone du paranormal : des lumières vues au-dessus de la forêt, des mouvements anormales des feuilles des arbres, des voix ou des claquements métalliques dont la source n’a pas pu être identifiée, jusqu’à des choses insolites qui apparaissent généralement dans les photos et dans les films ou même des expériences atemporelles.

hoia-baciu project vineri
Le vent souffle plus fort dans la Clairière Circulaire et on peut sentir comme le froid nous envahit (ou peut-être ce sont des frissons). On rompt le cercle et on se dirige vers un sentier. Proche de la clairière se trouve le soi-disant « arbre avec des boutons ». Marius nous présente quelques hypothèses non confirmées et lance une question à laquelle on ne trouve pas une réponse catégorique : « Quelle explication vous en trouvez ? ». D’ailleurs, la forêt abonde en arbres avec de branches et de troncs tordus, penchés inexplicablement depuis longtemps dans une certaine direction ou ayant une écorce étrange.
Que vous êtes impressionnés par les contes et les mystères créés autour de la forêt ou, tout au contraire, vous considérez qu’il s’agit d’une forêt comme toutes les autres, l’endroit est suffisamment pittoresque pour mériter d’attention du point de vue touristique. Hoia-Baciu Project a donné le feu vert : Cluj a de beaux repères touristiques naturels, a des histoires et des émotions à transmettre.
Jusqu’à présent, l’équipe a organisé des tours guidés (nocturnes ou diurnes) avec plusieurs touristes et journalistes étrangers, parmi lesquels Bob Woodruff de ABC News Anchor, Lester Reichert de Paranormal Survival Show (Travel Channel), Aaron Sagers (fondateur de ParanormalPopCulture.com et l’hôte de l’émission Paranormal Paparazzi – Travel Channel) ou Dacre Stoker, l’arrière-arrière-petit-fils de Bram Stoker, l’auteur du célèbre roman « Dracula ».

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En sortant de nouveau à la lisière de la forêt, on est enveloppé d’une lumière rosâtre, un coucher de soleil masqué par de nuages lourds, mais suffisante pour rendre aux collines et à la ville une note de chaleur mystérieuse. Ce phénomène est explicable, mais on se contente d’admirer cette image et de sourire content de la promenade qui a pris fin.
Hoia-Baciu Project nous a proposé de découvrir la forêt Hoia-Baciu, telle qu’elle est. Les phénomènes qui ont lieu ici ne sont ni itératifs, ni constants et n’ont pas la même intensité. Marius et Alex n’ont pas eu le but de nous effrayer, mais d’aider les gens à découvrir l’endroit, à s’y connecter et à interagir avec la forêt d’une façon authentique et original, à découvrir son énergie. Car, au-delà des histoires sur le paranormal, le paysage est merveilleux !
Jusqu’à ce qu’ils développent, peut-être, une approche plus commerciale des tours guidés, nous vous recommandons de recourir avec confiance à l’équipe Hoia-Baciu Project, vous découvrirez la forêt telle qu’elle est, mais vous apprendrez également des histoires concrètes et récentes qui portent en permanence sa réputation plus loin, au-delà des frontières de Cluj…