East of West : Servus 2021

East of West : Servus 2021

East of West : Servus 2021 !
C’est le concept et le slogan sous lesquels notre ville continue sa candidature au titre de Capitale Européenne de la Culture en 2021. Au cours de l’Assemblée Générale qui a eu lieu le 10 mars 2014, l’Association « Cluj-Napoca 2021 – Capitale Européenne de la Culture » a présenté la formule considérée représentative pour Cluj, qui pourrait nous apporter le titre tant désiré.
Le professeur et consultant Oliver Scheytt, coordonnateur général de la candidature de la ville d’Essen au titre de capitale européenne de la culture, titre obtenu entre-temps, a pris la parole et a accentué quelques aspects importants pour obtenir ce titre.
Selon lui, chaque ville a une histoire, plus éloignée et longue que celle de l’état proprement dit et c’est à travers la culture qu’on peut inviter les européens à connaître et vivre ces histoires. Ce que compte est d’être authentique, de présenter son identité d’une manière intéressante et originale et de convaincre le jury que notre ville mérite, a besoin et peut réaliser ce projet à longue échéance. La mobilisation de la population est un aspect important dans cette démarche.
L’Assemblée Générale qui a eu lieu le 10 mars a culminé avec la présentation du concept de la candidature de la ville au titre de Capitale Européenne de la Culture (voir plus bas) par le président-directeur général de l’Association, Florin Moroşanu.
Nous vous rappelons qu’autres 7 villes roumaines concourent avec Cluj-Napoca pour obtenir ce titre !Le concept de la candidature, conçu par l’Association « Cluj-Napoca 2021 – Capitale Européenne de la Culture » :

Concept : East of West

Slogan : Servus 2021

Le caractère unique de Cluj est donné par : la cohabitation dans le même espace des communautés ethniques, religieuses et culturelles différentes ; le milieu académique et intellectuel progressiste, fortement connecté au fil du temps aux métropoles européennes, l’atmosphère de ville cosmopolite, « avant-poste » de l’Ouest dans l’Est.
Chaque étape historique a pourtant eu d’influences négatives sur la communauté, surtout sur l’interaction entre ses habitants. Ceux-ci se sont enfermés dans leurs propres univers, partiellement fermés, définis par la méconnaissance de ceux qui sont « différents » d’eux, qui ne partagent pas l’un ou l’autre des attributs qui donnent l’identité – ethnie, langue, religion, niveau d’éducation, couche sociale.
Les traumas de l’histoire ont laissé de traces visibles et encore actives dans la mentalité collective – le manque de confiance dans l’autre, l’isolement, une politesse sapée par la méfiance et l’indifférence, une manière unique, conventionnelle et distante de cohabiter.
On vit poliment, mais chacun dans son cercle. Sur son propre territoire on est performant, innovateur et généreux, responsables et visionnaire. Mais les espaces communs sont presque vides. L’espace publique est revendiqué et occupé au relais, rarement ensemble. On s’ignore élégamment, les Roumains et les Hongrois, les orthodoxes et les catholiques ou les intellectuels et les ouvriers. Les interférences sont encore humbles. On se compare toujours manichéennement, en blanc et noir : Qui est meilleur ? De la part de qui est la justice ? De la part de qui est l’histoire ?
La bonne nouvelle est que nos traumas ont des racines communes avec nos ressources. Tels les personnages mythologiques, on a parcouru un chemin plein d’entraves et de conflits, et le mûrissement ne s’accomplit qu’à travers la conciliation des contrastes. On peut parfaire le potentiel communautaire en s’assumant les différences et intégrant les énergies divergentes au bénéfice d’une identité collective.
La diversité est la source de l’inspiration et de l’initiative, de notre modèle unique de cohabitation et ménage. Sagement administrée, l’acharnement de démontrer les uns aux autres « de quoi on est capable » mènera à la performance. Car nos vertus et nos ombres sont également balkaniques et européennes.
Notre concept – East of West – offre à la communauté, grâce au projet Cluj-Napoca 2021 Capitale Européenne de la Culture, la chance d’exploiter ce potentiel unique. East of West est l’endroit où se croisent nos ressources, l’opportunité historique de nous découvrir les uns les autres et de construire des modèles pour accomplir ce « mûrissement ».
Pas seulement pour nous, mais aussi pour l’Europe, du destin de laquelle nous sommes également responsables. L’Europe aussi, comme nous, a besoin de récupérer la confiance – la confiance des citoyens les uns aux autres et la confiance dans un avenir commun. L’Europe a aussi besoin d’exemples frais de civisme, de cohabitation, de voisinage, de compétence et de bien-être ; et nous avons les qualités d’un « laboratoire » pour tous ces processus.
Pourquoi East of West ? Parce-que notre existence à la confluence entre l’Est et l’Ouest, au cœur de la Transylvanie, définit notre manière unique d’être, mais illustre également les processus qui ont actuellement lieu en Europe, à l’Est et à l’Ouest, également. Parce qu’on a le potentiel de contribuer à la réaffirmation de la culture est-européenne et d’établir un nouveau repère authentique, dans l’est. Parce qu’on peut faciliter la connexion et l’entente entre la culture européenne et les espaces culturels situés à l’est des actuelles frontières de l’Union Européenne.

Parce qu’on s’assume, avec maturité, mais aussi avec auto-ironie, le fait d’apporter, de la modernité jusqu’au présent, un esprit cosmopolite et « occidental » à l’Est, mais aussi un esprit balkanique à l’austérité de l’Ouest.

Comment donner vie à ce potentiel ?
Notre projet mise sur la culture comme un facteur de transformation et régénération. Grâce à la culture, on peut rassembler personnes et communautés dont les existences n’interfèrent pas. La culture est, par excellence, un espace des interconnexions non litigieuses, de la coopération des positions d’égalité et respect mutuel. A travers la culture, on peut catalyser, animer et activer les processus sociaux qui nous aident à devenir une communauté. A travers la culture, on peut mobiliser les énergies spécifiques à l’endroit, en nourrissant leur vocation européenne.
La devise de notre projet est « Servus 2021 ». Dans l’espace roumain, « Servus » est une formule de salut spécifique aux habitants de Cluj. Le terme est de provenance latine et a été consacré dans l’espace culturel de l’Europe Centrale. « Servus » résume notre aspiration d’accomplir notre potentiel en tant que communauté : il est employé par les Roumains et les Hongrois également ; c’est le salut de ceux qui sont déjà devenus d’amis ; c’est le salut de ceux qui se sentent égaux ; il signifie réceptivité, familiarité, la disponibilité de se mettre à la disposition de l’autre en vertu de confiance et d’une réponse pareille. C’est la synthèse de la convergence entre l’Est et l’Ouest.

« Servus » est le mot qui relie Cluj-Napoca des origines latines des Roumains, mais aussi de la forte influence centrale-européenne – allemande, autrichienne et hongroise – sur la Transylvanie.

« Servus » est le salut le plus employé en Cluj et en Transylvanie, il a plusieurs dérivés roumains et hongrois – « serbus », « sevos », « serus », « szia » et ainsi de suite – et il est l’un des attributs régionaux de l’espace intracarpatique roumain. La popularité de ce terme a contaminé le sud du pays aussi. Beaucoup d’habitants de la capitale de la Roumanie, Bucarest, préfère ce terme aux saluts plus usuels, tels « Salut » ou

« Bună ».

« Servus ! » signifie le naturel de l’amitié, des souvenirs communs et maîtrise de l’orgueil.

« Servus » implique un tutoiement respectueux. Il abat des barrières et bloque les arrogances. Celui qui dit « Servus » s’ouvre à la rencontre de l’autre, est préparé pour une relation de confiance et pour exercer la générosité. « Servus » comprend humanité et hospitalité, ainsi que le désir de construire ensemble à longue échéance.

« Servus » est l’héritage d’une Europe aussi forte que vulnérable, la trace humble d’une histoire altière.