Le Quartier de Mănăştur

Le Quartier de Mănăştur

Qu’est-ce que plus grand que le quartier de Mănăştur en Cluj ? Peut-être deux quartiers de Mănăştur ! Avec une population d’environ 120 000 habitants, le quartier de Mănăştur est le quartier le plus grand de Cluj et parmi les plus grands du pays.
L’histoire du quartier remonte aux plus anciens temps, jusqu’aux IXème – Xème siècles, lorsque, autour de la colline où se trouvait l’église Calvaria, alors un couvent bénédictin, commence à se former le village de Mănăştur. Le couvent Calvaria a une histoire agitée, liée aux privilèges papaux ou différents attaques. À la suite des envahissements tartares du XVIIème siècle, le couvent a été détruit et pendant le XVIIIème siècle, il a été employé en tant que dépôt d’armement. Pendant le XIXème siècle, l’Évêché Romano-Catholique de Transylvanie a reconstruit l’église et en 1922 elle a été offerte aux Franciscains, qui l’ont refusée, après quoi l’église a été louée à l’Église Grecque-Catholique, l’Église Romano-Catholique gardant toutefois les droits de propriété. Avec l’arrivée des communistes au pouvoir et l’interdiction de la confession Grecque-Catholique, Calvaria a été donnée à l’Église Orthodoxe Roumaine, qui l’a employée jusqu’à 1990.
Tous les habitants du village de Mănăştur, la plupart étant des paysans agriculteurs, desservaient l’abbaye. Le nom du village et de l’actuel quartier a à l’origine le terme hongrois « monostor », ce qui signifie « couvent ». En 1895, « le village du couvent » s’unit à la ville de Cluj et en 1965 commence la démolition des maisons, afin de construire le nouveau quartier ouvrier des immeubles, après les plans d’architectes Nord-Coréens. Pourtant, ce moment ne représente pas sa fin, tout au contraire : comme l’oiseau Phoenix, le quartier de Mănăştur renaît de ses cendres, et il est aujourd’hui le plus grand quartier résidentiel de Cluj.
La construction du centre commercial Polus Center en 2007, le centre commercial le plus grand de Cluj, ainsi que le plus grand complexe multifonctionnel sur un seul niveau, avec une surface de 61.000 mètres carrés, a transformé le quartier de Mănăştur dans un important quartier commercial de la ville.
À part l’Église Calvaria, un site touristique est le quartier même, où l’on peut voir un exemple d’architecture stalinienne.

Source photo : www.presalocala.com

La contribution du lecteur :

Andrei Fărcaş :
Le promontoire sur lequel a été construite l’abbaye bénédictine a été étudié par les archéologues à partir de l’année 1970. Des traces d’occupation dès la première époque du fer jusqu’au présent ont été trouvées tant sur le promontoire, que sur les terrasses des alentours.
La fortification proprement-dite (dont la levée de défense sud, qui délimite le Pont de Calvaria, est encore visible) a été érigée pendant les IXème- Xème siècles. Pendant le Xème siècle, on ajoute à la levée de terre une palissade (une sorte de mur en bois), suite aux attaques extérieures, mais celle-ci est incendiée après une attaque des Petchénègues, probablement en 1068. C’est alors, au cours du XIème siècle que la levée de terre est renforcée et surhaussée avec 2 mètres.
Un autre ravage a été produit par l’envahissement mongol de 1285. Au cours du XIIIème siècle, les Bénédictins édifient un couvent sur le terrain resté libre, ainsi qu’une fortification en pierre avec un plan rectangulaire et deux tours aux coins.
Et probablement, selon les conclusions de l’archéologue Petru Iambor, celui-ci est ce premier chef-lieu du comté de Cluj, appelé dans les documents du XIIème siècle « Castrum Clus ». Selon l’Académicien Professeur Docteur Ioan Aurel Pop, cette fortification serait plutôt « la cité sur Someş » vers laquelle se dirigeait Gelu après sa défaite face à Tuhutum, et non pas Dăbâca.