L’Église Saint-Michel

L’Église Saint-Michel

L’Église Saint-Michel

La construction de l’église a commencé en 1316. Au mois d’août de cette année, le roi Charles Robert de Hongrie octroyait à Cluj le statut de ville (civitas). Pour matérialiser cet évènement si important, on a commencé la construction d’une église gothique au centre de la place. On a ajouté une nef longue au sanctuaire relativement petit, puisque le nombre des habitants de la ville augmentait continuellement et l’église devait recevoir de plus en plus de personnes. La construction de l’église a été finie environ 1430, pendant le règne de Sigismond de Luxembourg, dont les trois blasons armorient le fronton du portail de l’ouest : au centre, on peut voir l’emblème du Saint-Empire romain germanique – l’aigle à deux têtes, à droite, l’emblème de la Hongrie, et à gauche – celui du Royaume de Bohême. L’emblème du centre a été dépareillé en 1444, quand la statue ailée de l’Archange Michel a été placée au-dessus. La nef et le sanctuaire ont 70 m en longueur, 24 m en largeur, étant dépassée en dimensions uniquement par l’Église Noire de Braşov, parmi les constructions gothiques de Transylvanie.
Sur la façade sud de l’église, sous la corniche principale, s’étend une frise avec des flammes, à partir de l’escalier qui monte au comble, presque imperceptible du lointain. Pendant les rénovations antérieures, un boulet de canon a été également fixé ici. A gauche de l’escalier qui monte au comble, sur le deuxième contrefort de la paroi sud se trouvait le seul ornement extérieur reproduisant une personne : une figure barbue, aux cheveux longs, située sous le baldaquin orné des lis, dont la tête manque déjà. L’identité du personnage immortalisé par le sculpteur est une énigme : peut-être Saint Sébastien ou peut-être un roi.
L’église avait initialement quatre portes. Actuellement on utilise uniquement la porte de l’ouest, qui n’a pas été incorporée dans l’axe de l’église, ainsi que la petite fenêtre au-dessus, pour des raisons inconnues. Deux portes étaient situées dans la partie nord, l’une d’entre elles étant transformée dans l’entrée de la chapelle de la tour érigée devant elle. Dans la partie sud il y a une porte avec accolade double et niche horizontale, utilisée pour l’aérage de l’église, plus précisément pour permettre à la chaleur de s’infiltrer à l’intérieur frais de l’église. Au cas où le soleil offre encore un peu de chaleur, on peut s’asseoir sur le banc qui se trouve là même au mois de novembre.
Du coin nord-est de la place principale on peut voir la tour de l’église dans sa totalité, même si les lignes des trams avec les câbles en croix et en travers n’avantagent trop les photographes. Les plans initiaux incluaient deux tours frontales, sur les deux flancs de la porte de l’ouest, mais – comme il arrive d’habitude – seulement une a été réalisée : la tour nord. Celle-ci a été reconstruite au style baroque pendant les années 1742-1744, puis, à cause des foudres et des séismes elle s’est crevée et avariée de telle sorte que sa démolition a été nécessaire. Après des collectes et de plans longs, en 1837, la construction de la nouvelle tour en style néo-gothique a été commencée, celle-ci étant achevée en 1859. La tour composée de 6 niveaux mesure 80 mètres en hauteur, y compris la croix dorée de 4 mètres. L’horloge a été projetée par l’ingénieur Anton Geiser, la grande aiguille indiquant l’heure et la petite aiguille les minutes. A la fin du XIXème siècle, la tour disposait de 5 cloches qui annonçaient les évènements importants.
L’intérieur avec des accolades gothiques de l’église à trois nefs surprend toujours ceux qui y entrent : les faisceaux des pylônes qui divisent les nefs montent vers la voûte gothique du plancher sans que la voûte apparaisse, dirigeant le regard vers le haut. Les aménagements gothiques originels se sont perdus presque entièrement, les seuls éléments conservés étant le squelette de la chaire et quelques fragments de fresques trouvés lors de la dernière restauration.
L’explication est que depuis 1545 l’église a été employée par les protestants, qui ont enlevé les éléments spécifiques aux catholiques. En 1716, les catholiques ont récupéré l’église des unitariens avec l’aide de l’armée et, à partir de 1740 – selon les coutumes de cette période – ils ont aménagé l’église avec du mobilier baroque. La plus belle pièce de ce mobilier est la chaire, le plus somptueux ornement religieux baroque de Transylvanie. La partie inférieure a été réalisée par le « revêtement » de la chaire médiévale en pierre, peinte et ornée en style gothique par Johannes Nachtigall. La couronne a été réalisée par Anton Schuchbauer et ces deux parties forment un entier parfait. Sur la balustrade située entre la corniche inférieure richement décorée et le parapet supérieur on trouve quatre niches en relief où on retrouve les figures des quatre évangélistes avec leurs symboles, assis devant la table et préparés à écrire. Dans la niche située à côté de l’escalier on peut voir l’apôtre Jean avec l’aigle, puis Luc avec la tête de bœuf, ensuite Marc avec le lion et Matthieu avec l’ange.
Sur la marge de la corniche inférieure, parmi le relief des évangélistes, on trouve les Pères de la Sainte Église, chacun ayant devant lui le livre représentant la connaissance : à partir de la droite, le premier est l’évêque Saint Augustin, qui se prépare à prendre la parole, à côté de lui – son symbole, l’ange ; derrière la suivante statue, probablement à cause d’une restauration erronée, on peut voir la ruche – l’attribut du Saint Ambroise vêtu en évêque ; Saint Jérôme, qui a traduit la Bible en latin porte un chapeau de cardinal aux retroussis larges, et sa figure pleine d’énergie se dirige impatiemment vers la gauche, reposant son pied sur le lion qui le symbolise ; et, au-dessus de la tête du Pape Grégoire Ier le Grand, père du chant liturgique, s’élève une colombe. Par rapport aux représentations plus statiques des quatre évangélistes, les Pères de l’Église sont immortalisés d’une manière dynamique, effectuant différents mouvements.
La couronne de la chaire est soutenue sur les deux côtés par des anges avec des trompettes. Au centre du plancher à baldaquin, la colombe à l’aile déployée représente le Saint-Esprit. Représenté en chevalier ailé, vêtu d’habits militaires impériaux, l’archange Saint-Michel, saint patron de l’église, s’élève parmi les anges qui dansent au-dessus de la corniche ornée, tenant dans sa main une lance crucifère.
Initialement, l’église avait cinq autels en style baroque, dont en restent seulement deux. Le plus renommé est l’autel avec les Rois mages situé dans la chapelle sud. Celui-ci a été façonné par Anton Schuchbauer et doré par Georg Grasser pendant la période 1747-1750, étant décoré de 16 statues. Dans la partie gauche de l’image de l’autel se trouvent un ange et un roi mage, dans la partie droite, les autres deux mages. Ils sont illustrés comme s’ils dansaient. L’image de l’autel est la plus précieuse peinture de l’église, étant une œuvre en style baroque tardif du maître autrichien Franz Anton Maulbertsch datée d’environ 1748. L’Adoration des Rois Mages. L’huile sur toile, ayant des dimensions de 87 x 171cm a été apporté par le curé de Vienne. La figure centrale de l’image est Marie, qui prend dans sa main gauche Jésus, assis sur ses genoux. Le regard de la Vierge est tourné vers l’Enfant, qui tend sa main à Gaspard, à la barbe blanche, à genoux, derrière lequel on voit Melchior, à cheveux noires et couronne, qui a dans sa main un présent. A côté de celui-ci, au premier plan, on peut observer la figure imposante de Balthazar, avec une lampe d’huile dorée dans la main droite, pendant que derrière lui, son serviteur tient un parasol. Derrière la Vierge, on peut distinguer la figure de Joseph, avec un manteau jaune. Dans l’arrière-plan il y a un mur baroque avec une urne et au sommet de la peinture il y a l’image des deux anges parmi les nuages qui tiennent une étoile lumineuse. C’est une composition chaude, sereine.
Pendant les années 1870, l’église a été aménagée avec du mobilier néo-gothique. A la place de l’ancien autel baroque, le menuisier Ludovic Back a projeté et réalisé l’actuel autel principal, gagnant même un prix lors de l’exposition mondiale de 1873 de Vienne. La niche principale abrite la statue de Marie, la protectrice de la Hongrie, dans la niche de la partie gauche (la niche nord) on trouve la figure du Saint Étienne et dans celle de la partie droite la statue du Saint Ladislas. Pendant cette période ont été réalisées les stalles du sanctuaire, la stalle avec baldaquin du curé et le confessionnal.
Les vitraux peints ont été réalisés à Budapest pendant la période 1893-1912, avec des scènes de la Bible. L’image du Saint Archange Michel (au-dessus de l’autel principal) et de la Vierge.
Actuellement, les mieux conservés fragments des fresques vieilles peuvent être vues dans la chapelle Schleunig, à droite de la porte principale de l’ouest, et on peut admirer surtout les parties supérieures de la composition du mur nord. Au-dessus prend figure une scène du Golgotha.
Sur le mur sud de la nef une fresque plus intacte immortalise la Vierge Marie, accompagnée des 7 vierges. On peut reconnaître Marie, car elle tient dans ses bras l’enfant Jésus. Plus à l’est, il y a une scène illustrant un fragment du Calvaire, très vague, Jésus crucifié, ayant à gauche Marie-Madeleine, qui peut être reconnue uniquement par la partie supérieure du corps.

Les informations nous ont été offertes par monsieur Gaal György.

Biserica Sfantul Mihail Cluj